Mariés aux vinyles

Bonsoir à tous !!

Vous le savez peut-être déjà, l’éclectisme est une base, que dis-je ?!, un fondement essentiel du blog «  Vinyl&z moi » la simple idée de pouvoir vous offrir un contenu varié, touchant à de multiples thématiques, toutes gravitant, autour du vinyle, me comble de joie, et j’espère que votre expérience sur ce blog est chaque fois meilleure.

En ce lundi 30 octobre, l’automne battant, saison si belle et singulière, j’ai eu l’envie de vous parler de mariages… mais pas n’importe lesquels ! De mariages sous le signe du vinyle…

Qui n’à jamais redouté parmi vous un DJ digne de la plus belle fête à neuneu ! Et bien justement, ici, nous sommes à des années lumières des tristes représentants de cette déchéance musicale…

Un dj qui apprend à vous connaître, qui mixe exclusivement en vinyle, qui scénarise son décor… le voici le voilà :

1 / Salut, peux-tu nous dire qui tu es ?

Matthieu Narbonne, co fondateur des disquaires weddings, Dj depuis 20 ans (initialement résident indie pop de plusieurs clubs, mais aussi de soirées Northern Soul « Shake Poum Poum » et depuis 10 ans les soirées Bettie Page Party, alliant Soul & Rock 50s / 60’s. Mes précédents métiers étaient programmateur et chargé de prod de la salle de concert Le Connexion, également programmateur des curiosités du Bikini et chargé de communication au Bikini à Toulouse, mais aussi de ma propre structure pendant plus de 10 ans « Friends of P » (indie pop).

2 / « Les disquaires weddings », qu’est ce que c’est ?

Y’a maintenant plus de 4 ans, à la base un collectif crée avec des disquaires toulousains, et une rencontre avec des acteurs du mariage « indés », notamment une photographe Floriane Caux, rencontrée lors de concerts. Tous Dj, on avait de nombreuses demandes lors de nos mix et puis on a senti que ce secteur changeait radicalement, faisant voler plein de représentations effrayantes et moments de solitude subies pendant des mariages (les serviettes, les jeux…).

J’ai découvert un nouveau secteur en mutation, et un nouveau métier où je pouvais faire partager ma passion pour la musique, en racontant des histoires à travers mes vinyles. Mes collègues n’avaient pas le temps de gérer tout cela avec leurs shops et leurs vies de famille. J’ai donc décidé de travailler seul, porteur de ce projet.

3 / Le qualitatif et les disques vinyles sont au cœur de ce projet pourquoi ?

Tout à fait, pour autant je n’adhère pas à l’élitisme musical. Je me dois de faire danser tout le monde, sans exclure personne et sans tomber dans les morceaux « trop mariages » (ou disco mobile, comme tu préfères), surtout en évitant un certain registre français et celui trop entendu, j’adhère plutôt à ce que les anglo saxons appelent les « oldies ». Mais attention, je ne me cantonne pas qu’au rétro, c’est la représentation la plus difficile à faire comprendre, vinyle ne veut pas dire poussière.

A travers nos rendez vous de préparation, je puise de nombreux souvenirs entre les futurs mariés, les invités, les familles… et je viens les raconter en musique sur certaines ambiances musicales, faisant appel à de la Bo de films, pub, fan de certains artistes, morceaux inavouables et d’autres qui ont accompagnés des moments clés de leurs vies. C’est de longues heures de préparation, de recherches aussi (aimant bien joué sur les versions différentes et les covers chinés chez mes amis disquaires), cela garantie du vrai sur mesure et l’idée de se dire que chaque mariage est ainsi différent et original. Je ne prends pas ainsi les mêmes disques chaque semaine (environ 700 à chaque intervention), ils m’accompagnent et j’ai toute une excitation de pouvoir les faire voyager avec moi et les jouer à des moments clés. Pour les titres non édités en vinyles, un ordinateur m’accompagne, mais c’est vraiment en dernier recours (et pour ne se donner aucune limite).

4 / Quel lien as-tu avec ce format ? Et que penses-tu apporter de plus aux jeunes mariés ?

Le vinyle, pour moi, c’est un peu comme une rencontre loupée (ou une histoire d’amour) y’a plusieurs années… pour mieux se retrouver après. Je m’y refusais, je suis contre toute forme d’addiction. Je connaissais les risques ! 🙂 J’ai cédé en jouant avec mes compères lors des Bettie Page Party, y a un peu plus de 5 ans, et puis certains morceaux n’étaient que sur ce format, je devais bien me rendre à l’évidence que je devais commencer à muscler mes bras pour porter mes caisses de vinyles au lieu de mon laptop !

Il y a toute une nouvelle génération qui achète des vinyles. Le format n’est plus considéré comme poussiéreux ou de niche. Pour être sincère, je n’avais pas appréhendé cette « mode ». Je suis content d’un côté que l’on puisse échanger sur ce format, mais en même temps cela va trop loin, où tout est à la sauce « vinyle », aussi dans mon secteur, où des concurrents disent faire aujourd’hui des mix « vinyl » avec un bac de 40 disques (rincés), puisés dans quelques vide grenier, alors que je me déplace avec 700 vinyles et que je mixe du cocktail au bout de la nuit avec…

L’idée de départ qui m’animait était un retour à l’objet, prendre le temps d’écouter, de créer une communication avec les invités, et encore une fois remémorer des souvenirs, du vinyle des parents que l’on ne pouvait pas toucher, à notre premier vinyle acheté, aux pochettes qui ont voyagé dans nos histoires personnelles. On prend le temps de communiquer, c’est une respiration dans un monde où tout va bien trop vite et aussi mon stand est parfois un petit refuge dans le flot de stress d’une journée comme celle là ou quand les invités ne se connaissent pas. C’est un point d’ancrage, ce petit objet vient faire du lien, que je renforce parfois autour d’ateliers pour que cela soit aussi interactif : bar à vinyles, blind test, atelier gramophone…

5 / Comment appréhende le public que tu côtoies lors de mariages cette réutilisation du disque vinyle ?

Je m’adresse à tout le monde. Le public trouve cela original et voit bien que cela fait parti d’un tout. Je mixe avec des vinyles. C’est avant tout un mix de Dj, avec ce côté visuel en plus, et des objets qui sont regardés comme des trésors pour certains. Cela permet d’être sur plusieurs registres de lecture, tout comme de laisser tourner une BO pendant le repas, et qu’un invité vienne me voir en me disant « je n’aurais jamais pensé entendre la BO de Vampiros lesbos à un mariage ! » 🙂 L’objet fascine par son histoire. Chacun a une histoire avec un disque vinyle, les personnes viennent échanger, se confier, pour certains c’est aussi une époque qui a été mise au grenier ou jetée à la poubelle avec leur chaine hi fi et leurs galettes… La fonction madeleine de Proust prend tout son sens avec cet objet ressorti à leurs vues, à leurs oreilles.

6 / Il semblerait qu’autour de ton projet, tu images et scenarise l’ambiance autour du vinyle, quelle est ta botte secrète ?

J’ai pas mal de déco sur mon stand (lampe rétro, vieilles radios, tourne disque, gramophone… sans jamais tomber dans le vide grenier non plus), mais je travaille surtout sur l’aspect visuel, que les invités voient les platines et les disques tourner, toute la gestuelle autour du mix… Mais l’élément central de mon installation est un pupitre devant mes platines où je dépose la pochette du titre qui se joue. On prend le temps ! On sort de l’ère Shazam et du Zap (quand on écoute jamais un morceau en entier), on peut poser son téléphone (interdit par ailleurs lors de mes mix, tout comme YouTube), et on peut s’approprier l’objet, le toucher, échanger, voir sa pochette et l’histoire qu’elle véhicule.

7 / Quels sont tes projets à venir ?

Toujours de faire bouger les représentations du « Dj de mariage », je suis Dj avant tout, fier aussi d’être un acteur des nouveaux mariages alternatifs, tout en jouant encore aussi pour des clubs ou des marques.

Mais c’est le métier le plus en retard du « nouveau monde » du mariage. Je souhaite faire changer ces habitudes et raccourcis, sous prétexte que c’est un mariage, la musique sera pourrie… Cela passe par de l’écoute et de la qualité musicale. Le vinyle me permet tout cela. Je me dis, je vais rendre des gens heureux en jouant mes vinyles (la musique d’autres) pendant des moments de fête.

L’exercice est périlleux, par expérience, c’est parfois plus confortable de jouer en festival devant 3000 personnes ou en club devant 1500, que faire danser 50 personnes (tendance actuelle de mariage moins nombreux). Je suis un passionné. Les vinyles et mes mix m’ont aussi permis de nombreuses rencontres, comme collaborer cette année avec le chorégraphe du théâtre du Capitole, sur un atelier de danse… ce week end, c’est une soirée Bettie Page Party en partenariat avec une revue artistique érotique « Berlingot »… J’ouvre mes bacs (je poste une à deux playlists sur mon mixcloud chaque mois : http://www.mixloud.com/lesdisquairesweddings), je joue mes musiques (aimant tous les styles, déformations professionnelles de mes anciens métiers) et je suis ouvert à plein de projets différents, me baladant dans la France entière et parfois en Europe, avec mes disques vinyles dans le van.

Voici un bien beau portrait qui sans nul doute vous donnera envie d’en savoir plus… si vous souhaitez vous marier ou si vous connaissez des futurs mariés et que le concept vous a séduit :

lesdisquairesweddings@gmail.com

LE FACEBOOK

Belle soirée les amis !

Vin.

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